Fiona barton la veuve

Titre original : The widow

Livre broché, epub : Fnac, Amazon, Amazon kindle, Fleuve Editions

 

ligne separatice la veuve

Avis de Véro
Un bon thriller psychologique ! La veuve est une femme très complexe : à la fois, soumise, naïve ou futée, touchante.

Avis du Télégramme – Anne Lessard
On y entend les versions d'une cachottière (Jane), d'une manipulatrice (la journaliste) et aussi la voix de l'intégrité, celle de l'inspecteur, humble mais obstiné, doutant toujours mais ne renonçant jamais, jusqu'au dénouement. Un polar fascinant !

Avis de France Bleu Besançon
Un roman tout en trompe-l’oeil, […] un ouvrage absolument incroyable.

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Extraits :

Tout journaliste qui se respecte dispose de sa propre technique d’approche. Un de ses amis rencontré lors de sa formation en usait de ce qu’il appelait sa « mimique de chiot de fourrière » pour attirer la sympathie ; une autre accusait son rédacteur de l’envoyer importuner les gens ; et une fois, une de ses collègues avait même glissé un coussin sous son pull pour simuler une grossesse et demandé à utiliser les toilettes comme stratagème pour entrer. Pas le style de Kate. Elle suivait ses propres règles….

Apparemment, la retraite lui offrait peu d’occupations, tout comme à son épouse, Susan, et il appréciait le pouvoir qu’un bloc-notes et une ronde nocturne lui procuraient.

Il se demanda avec quelle rapidité le nom de Jane Taylor allait ressortir et il souhaitait prendre un peu de temps afin d’y réfléchir lui-même. Jane était une femme peu commune. Il se rappelait la première fois qu’il l’avait vue, la stupeur sur son visage, les questions délicates, les réponses inébranlables. Il avait la certitude qu’elle couvrait Glen et avait attribué son comportement à une loyauté aveugle, mais son implication s’arrêtait-elle là ?

Par automatisme, l’inspecteur avait eu un mouvement de recul –sur son siège et dans sa tête. Ce qui l’ennuyait, ce n’était pas tant que Fry soit plus malin que lui, c’était la confiance que le jeune homme affichait dans la justesse de son raisonnement. Voilà ce que ça donne d’étudier à l’université. « Fichues études supérieures, entendait-il maugréer son père. Une foutue perte de temps. C’est bon pour ceux qui ont du fric et rien à faire. »

A partir du moment où ils sont en tête-à-tête, tout est possible. Entre adultes consentants, ça ne pose pas de problème, mais certains jeunes se sont fait piéger ou manipuler, photographier dans des poses explicites, via la webcam. Le prédateur peut ensuite les faire chanter pour qu’ils accomplissent d’autres actes. Des jeunes vies gâchées, ajouta Fry.

Mais je ne peux pas faire ça, n’est-ce pas ? Je suis aussi coupable que lui. Garder un secret procure une étrange sensation. C’est comme une pierre qui pèse dans mon ventre, qui broie mes entrailles et me donne envie de vomir chaque fois que j’y pense. Mon amie Lisa me décrivait sa grossesse en ces termes ; le bébé qui pousse tout, autour de lui, pour s’installer à son aise. Qui prend possession de son corps. Mon secret est pareil. Quand il se fait trop envahissant, je redeviens Janie pour un temps et prétends que le secret appartient à quelqu’un d’autre.

Les mensonges les plus simples sont les plus difficiles à prononcer, curieusement. Les plus gros semblent sortir avec naturel de ma bouche. « Glen ? il a quitté la banque car il avait d’autres ambitions. Il souhaitait démarrer sa société de transport. Il voulait être son propre chef. » Facile. Mais les petits mensonges – « je ne peux pas venir prendre un café car je dois aller chez ma mère » me collaient au palais et me faisaient bégayer et rougir. Lisa n’a pas eu l’air de remarquer au début, en tout cas si elle l’a vu, elle l’a bien caché. Nous vivions tous dans mon mensonge désormais.

-Il pleut toujours pour les enterrements, dit-il. Quelle journée affreuse. C’est bizarre, les enterrements. Comme les mariages, je trouve. Un rassemblement de gens qu’on ne voit qu’à ces occasions, s’échangeant des nouvelles autour d’un buffet, ceux qui rient et ceux qui pleurent. Même ici, aux funérailles de Glen, j’entends un de ses vieux oncles pouffer discrètement avec quelqu’un.

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