Salut l'asticot,

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je ne suis pas sûr que tu lises ces quelques lignes mais puisque tu sens tout avant moi, tu sais déjà de quoi je vais parler. De tes vacances d'abord, où tu as rencontré nombre de tes congénères puisque la Bretagne, avec sa météo climatisée et ses confortables espaces, est une terre d'accueil pour le toutourisme estival. Et on y fait de belles rencontres. Comme ce jour où l'un de tes potes traînait, au bout de sa laisse, un estivant qui m'en apprit sur vos incroyables capacités nasales. Il paraît qu'à vue de nez, vous êtes capables de sentir des dizaines de messages olfactifs déposés par d'autres congénères, la patte en l'air.

capacite nasale chien

barre separatrice chiens

Si je comprends bien, vous avez inventé Facebook quelques millénaires avant nous et vous passez régulièrement relever la boîte et laisser un petit mot pour les suivants. En trois petites gouttes qui sont vos 140 signes à vous.

barre separatrice chien

Tu veux que je te dise : j'en arrivais à croire que ta vessie était une vraie citerne de vidange, avec ta manie de te soulager tous les trois mètres. Ben non, ce que je prenais pour de l'incontinence aiguë n'est autre qu'un besoin pressant de laisser des messages et d'en réceptionner. T'es accro aux rézosocios, mon canard, et l'avantage pour vous, quadrupèdes connectés, c'est que, même à la campagne, vous avez du réseau.

chien patte en l'air

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Et je comprends mieux maintenant pourquoi tu insistes tant pour aller te soulager sur les pneus des voitures. J'y voyais une appétence particulière pour le moelleux du caoutchouc. Cornichon que je suis : c'est pour élargir ton réseau que tu recherches le Michelin longue distance. Et j'imagine que les épagneuls bretons exilés à Paris, ça doit leur faire du bien de recevoir ainsi des niouzes du pays, par pneumatiques.

dessin de nono chien facebook tweet

Mais tu veux que je te dise, il y a des choses que je ne comprends pas bien. Pour ta petite déjection, comme disent les arrêtés municipaux, je te choisis un petit coin sympa avec de la terre et un peu d'herbe. Tu renifles, tu évalues, tu supputes, tu tergiverses et finalement tu renonces. On part. Et on n'a pas fait vingt mètres que, comme le bar au bout de la ligne, tu tires sur la laisse et tu m'en lâches une sournoise, juste devant une porte. Et ça, c'est quoi, p'tit saligaud ! Tu viens d'envoyer un tweet ?

sac en plastique


©Texte de René Perez trouvé sur Le Télégramme