sylvie baron l heritiere des Fajoux

Livre broché, kindle : Fnac, Calmann-Levy, Amazon, France de toujours et d'Aujourd'hui

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Avis de Véro :

Un bon roman à la fois de terroir où on apprend sur le monde de la scierie et un roman familial…. Celles ou ceux qui aiment Françoise Bourdin vont adorer cette intrigue qui se déroule à Aurillac au cœur de l’Aubrac (Hautes Terres du Cantal)

Avis de "Le Réve"il Cantalien"

Sylvie Baron se consacre désormais entièrement à la confection de suspenses habilement troussés dans la grande tradition des reines anglo-saxonnes du whodunit dont elle est une fervente et talentueuse émule. 

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Extraits :

Marie n’aurait jamais dû s’en éloigner. On ne coupe pas impunément ses racines. En bonne fille de forestier, elle aurait quand même pu le savoir. Il lui fallait maintenant acquérir la patience des arbres, ces arbres qu’elle aimait tant. Tels les feuillus, elle devait consacrer l’essentiel de ses forces à s’ancrer dans cette terre. Il était bien connu que les résineux, qui poussaient trop vite, résistaient toujours moins aux tempêtes ravageuses et aux aléas climatiques. Geilles était comme eux, bien plus préoccupé de pouvoir et de grandeur que par le respect de ses engagements et le bonheur de sa famille. Elle avait bien fait de partir, de s’éloigner de lui, de sa tendresse qui n’était que mensonge, de sa protection qui n’était que condescendance, de son humour ravageur qui n’était que tromperie.

Après avoir perdu tant d’heures sans intérêt pour faire semblant de communiquer avec son réseau d’amis, Flore réalisait aujourd’hui que la vraie communication ne nécessitait aucun support. Serrer une main, toucher une épaule, se noyer dans les yeux de quelqu’un permettaient de faire passer de réels sentiments. Parler par Skype avec son père ne lui suffisait plus, elle avait envie de le voir.

Nichée comme dans un écrin au bord du bois des Fajoux, la scierie Jarrige s’inscrivait depuis plusieurs générations dans le paysage.

Aujourd’hui, Marie se rappelait chaque matin cette phrase fétiche de son père : « Dans le bois, rien ne se perd, l’arbre donnera toujours jusqu’au bout de lui-même ».

D’accord, le numérique, c’est pratique, puissant, mais, du coup, tu n’as plus aucune contrainte. Tu ne sais même plus pourquoi tu photographies, tu multiplies les clichés. Ca sert à quoi ? Plus de quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux ne seront même pas regardés. Ce n’est pas du boulot ! Ton numérique a tué l’image. Ce qui importe, dans une image, c’est de trouver le moment juste. L’argentique impose un vrai choix artistique, plastique, technique, une attente et, surtout, le temps de la réflexion. On doit prendre le plus de plaisir possible en photographiant. Je fais peu de portraits, tout simplement parce que je ne peux prendre que les gens que j’aime, je ne comprendrai jamais rien à tes selfies.