la bombarde et le biniou bretons sur le front

« La bombarde et le biniou bretons sur le front ».

L’Illustration. Paris, France. 1915. Collection MuCEM (52.110.12), clichÈ A. Pelle (86.63.12)

Le 3 juillet 1915, un couple de sonneurs appartenant au 73e régiment d’infanterie territoriale de Guingamp faisait la une du magazine L’Illustration. Cent ans plus tard, ce cliché symbolise toujours la participation de la Bretagne à la Première Guerre mondiale.

Un court article, intitulé La Marche au biniou, expliquait que « le colonel d’un régiment territorial du front, formé de Bretons — Breton lui-même, et portant le plus breton des noms — a eu l’inspiration d’adjoindre à sa « clique », à ses tambours et à ses clairons, les deux instruments favoris de la vieille Armorique : un biniou, une bombarde, cette sorte de musette si sonore. »

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partition biniou

la marche au biniou

biniou-breton-bretagne-musique-instrumen

La marche au biniou

Le colonnel d'un régiment territorial du front, formé de Bretons - breton lui-même, et portant le plus breton des noms- a eu l'heureuse inspiration d'adjoindre à sa "clique", à ses tambours et à ses clairons, les deux instruments favoris de la vieille Armorique : un biniou, une bombarde, cette sorte de musette si sonore. Il avait sous la main les instrumentistes, qui sont nombreux en Bretagne. Peut-être même, en prévision des heures de repos, ces deux braves, avaient-ils apporté avec eux leurs instruments, afin d'évoquer, dans la paix relative du cantonnement, à leurs accents nasillards, accompagnés en basse grave par le canon tout proche, les souvenirs du pays mélancolique, les longues sonneries sur la lande, au couchant, et les danses graves et quasi hiératiques de là-bas, les "dérobées" qui sont à la tumultueuse farandole ce qu'est la plainte du goéland au sifflement allègre du merle. Si bien que désormais, comme les Ecossais suivent leurs bag-pipes, c'est au son de la bombarde et du biniou paré de rubans où le tricolore s'enlace au vent à l'hermine héraldique de Bretagne, que le régiment marche au feu. Et Dieu sait si les Bretons y vont

partition biniou

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biniou bombarbe et tambours du 73e territorial

de bon coeur ! pour ne pas parler que de la division dont fait partie le régiment en question, nous dire qu'elle s'est glorieusement comportée depuis le commencement de la campagne, et qu'elle a été citée à l'ordre de l'armée. Tou récemment, la narration officielle de la prise du saillant de Quennevières notait que l'assaut avait été donné "par quelques bataillons, zouaves, tirailleurs, Bretons". A maintes autres reprises, on a décerné ainsi une note d'honneur à des régiments provenant de telle ou telle province. Il est assez curieux de voir, de cette sorte, grâce au recrutement régional qui groupe dans les mêmes corps des hommes originaires des mêmes terroirs, reparaître les noms des anciennes divisions territoriales de la vieille France, divisons qui n'étaient effacées qu'administrativement, arbitrairement, on peut le dire, et dont les noms persistaient, malgré tout, dans le langage courant. En faisant entendre chaque jour à ses Bretons les musiques qui leur sont chères, qui leur rappellent leur commune origine le colonnel qui eut cette intelligente initiative tend à renforcer en leurs coeurs cette idée qu'en luttant pour la grande France, c'est encore la quiétude et le bonheur de leur lointaine petite patrie qu'ils défendent ; il rattache plus intimement la fidèle et pensive Bretagne à la commune mère, dont elle partagera la gloire triomphale après avoir partagé ses dures épreuves.

 

 

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