roman diane chamberlain la nuit du 5 aoutTitre original : The Bayat midnight

Livre broché, poche : Amazon, Poche, Fnac, Decitre

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Avis Véro

 

Du suspense jusqu’au bout… Diane Chamberlain dévoile les secrets des familles au fil des pages…elle nous dresse un portrait sur le racisme et les différences de classe dans les années 1960.

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Extraits :

Je me méfiais de ma compassion envers ce vieil homme, car Ross était avant tout un politicien, capable de tenir les propos les plus contradictoires.

De quoi est mort Ned ? ai-je murmuré. -L'alcool... il noyait son chagrin dans la boisson. Je pense qu'il ne s'est jamais remis de la mort d'Isabel. La remarque me fit tressaillir. Ross démarra. Je regardai la voiture s'éloigner, avant de reprendre place sur mon siège dans le jardin. Puis j'enfilai mes gants et enfonçai le déplantoir dans le sol, aveuglée par les larmes. "Je pense qu'il ne s'est jamais remis de la mort d'Isabel", me répétai-je en moi-même.

-Mon non plus, Ross ! m'écrai-je. Moi non plus.

Soudain, Ethan devint grave ; je respectai son silence. - Je crois avoir été influencé par mes parents, des êtres optimistes, reprit-il. Je n'ai jamais oublié une réplique de mon père, dans un discours à la suite de sa défaite au poste de gouverneur. Je devais avoir une quinzaine d'année... Debout derrière lui, avec ma mère et Ned, je refoulais mes larmes pour ne pas me ridiculiser, mais j'étais vraiment désolé. Il avait fait campagne avec un tel enthousiasme ! Un journaliste a vociféfé : "Quels sont vos projets, maintenant ?" Après une minute de réflexion, papa lui a répondu qu'il croyait au vieux proverbe selon lequel "quand une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre". Il a précisé que son échec lui ouvrait le monde et qu'il trouverait d'autres moyens de servir sa patrie. Et c'est ce qu'il a fait ! Il a relancé son cabinet d'avocat et plaidé en bénévole. Comme nous n'avions pas de problèmes d'argent, il a travaillé sans répit jusqu'à sa retraite. Mon père a eu assez de cran pour ne pas se complaire dans le chagrin.

Je priais, moi aussi, pour que s'évanouisse ma jalousie mesquine envers Joan Rockefeller. Je demandais que la force me soit donnée de regarder le coin où poussaient les buissons de ronces sans frustration et d'oublirer mes ébats avec Ross. Sa brusquerie m'avait procuré du plaisir ; il n'avait jamais été violent, mais m'avait, parfois, chevauchée comme si j'avais été un cheval sauvage. Etrange, pour un cardiaque... Charles croyait que Dieu exauçait nos prières ; j'en vins à conclure que, pour ma part, je n'avais pas privé avec une ferveur suffisante.

 

 

 

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