le fil des souvenirs victoria hislopDate de parution : 18/04/2013

Titre original : the thread

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Avis Véro :

Histoire de la Grèce de 1917 à l'après guerre à travers une superbe histoire familiale où toutes les communautés et les religions cohabitaient en paix.

Avis l’Express

Ne reste plus alors qu'à dérouler ce Fil des souvenirs pour en savourer la trame. Car si l'on peut parfois regretter son écriture un rien terne, la belle "Hellène" n'en signe pas moins une saga historique passionnante, où l'émotion et le suspense dansent enlacés, au son entêtant du bouzouki.

Avis le Point

"Le fil des souvenirs" est une édifiante leçon de mémoire. Deux romans seulement et déjà un "style Hislop", une petite cantate qui n'effleure que par touches délicates les cordes du pathos et qui chante doucement la Méditerranée, la famille, le passé et un siècle grec que l'on connaît mal.

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Préface de Victoria Hislop

 

Ce roman parle de Thessalonique, la deuxième agglomération de Grèce. En 1917, la population se composait à parts égales de chrétiens, de musulmans et de juifs. Trois décennies plus tard, il ne restait plus que les chrétiens. Le Fil des souvenirs raconte le destin de deux êtres qui ont connu la période la plus trouble de l’histoire de cette ville, défigurée au point d’en devenir quasi méconnaissable par une série de désastres politiques et humains. Si les personnages, ainsi que la plupart des rues et des endroits qu’ils fréquentent, sont le pur fruit de mon imagination, les évènements historiques ont tous eu lieu. Leurs séquelles sont encore visibles dans la Grèce d’aujourd’hui.

Olga ne pouvait s’empêcher, en revanche, de se demander à quoi aurait ressemblé un mariage d’amour, consciente que sa beauté l’avait à la fois sauvée et condamnée. Olga savait ce que c’était qu’être traitée comme un objet, un rouleau de soie ou une statuette dorée, que l’on achetait et exposait. Avec l’âge, elle avait commencé à mesurer que la perfection physique pouvait constituer un fardeau ; et cependant l’angoisse l’avait saisie lorsqu’elle l’avait perdue.

Bientôt, laminée par des vagues de douleur, elle hurlait à gorge déployée et s’aggripait à Pavlina.. Une telle souffrance ne pouvait que déboucher sur une mort, pas sur une naissance, non ?.. Dans les dernières heures de l’accouchement, Olga ne lâcha pas une seule fois la main de Pavlina. Sans elle, elle avait trop peur d’être inexorablement aspirée par un tunnel de douleur qui l’arracherait au monde.

« Considère cet endroit, disait le père de Komninos à son fils de cinq ans, comme l’alpha et l’oméga de nos vies ». Puis il lui indiquait les immenses ciseaux de tailleur posés bien au centre de chacune des tables en bois ciré. « Voici l’Alpha, ajoutait-il en suivant du bout du doigt le A que formaient les lames des ciseaux. Et voici, l’oméga ». Il désignait cette fois l’extrémité des rouleaux de tissu et leur O parfait. « Dans notre famille, ce sont les seules lettres qui comptent ».

Indifférent à son prochain, Konstantinos considérait ses propres pertes comme plus essentielles. Relativiser ne l’intéressait pas. Il avait été l’un des hommes les plus riches de la ville et sa fortune personnelle avait été plus réduite que celle de n’importe qui.

Cette rue, qui passait pour pauvre aux yeux des riches, accueillait une communauté florissante. Vivre dans une telle proximité tenait à rendre les gens plus tolérants que l’inverse. Les enfants jouaient tous ensemble, chrétiens, musulmans et juifs.

Il y avait toujours une part généreuse de toupishti, le gâteau traditionnel juif au miel et aux noix…

L’indifférence enfantine de Katerina au tragique de la situation prenait presque une coloration mystique. Leonidas eut l’impression que son désespoir s’allégeait. Katerina ne pesait pas lourd dans ses bras. Elle était aussi légère qu’une fée, songea-t-il.

Roza Moreno prit la main de Katerina avant de conclure : -tu vois, nous n’avons pas plus besoin de vivre comme nos clients que de nous habiller comme eux… Les Moreno vivaient dans un endroit où personne ne regardait l’autre de haut, que ce soient d’anciens Grecs, des « nouveaux » d’Asie Mineure, des Juifs connaissant le grec ou seulement le ladino. Roza et Katerina se firent toutes la même réflexion : pourquoi voudraient-elles, l’une ou l’autre, échanger leur existence ou leur maison avec Olga Komninos ? Elles l’imaginèrent, la mine triste, seule dans son hôtel particulier au bord de la mer.

Point de satin, point d’épi, point de chevron, point de chaînette, son aiguille allait et venait au même rythme mécanique que les machines de la salle voisine.

Katerina avait transformé la pièce. Un peu comme si elle avait remplacé la composition florale de roses et de chrysanthèmes par un bouquet de fleurs sauvages fraîchement coupées, encore vibrant d’abeilles.

Dimitris développa rapidement un sentiment de malaise. Il vivait dans un hôtel particulier luxueux et son tempérament le portait pourtant à sympathiser avec la majorité pauvre. Un casse-tête difficile à résoudre. –Efforce-toi de mener la meilleure existence possible, se contentait de lui conseiller Olga.

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