une dernière danse victoria hislop

 

Titre original : the return

Date de parution 07/05/2014

Livre broché, poche, Kindle : Livre de poche, Amazon, Fnac, Decitre,

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

Avis Véro :

L’auteure mêle à nouveau le passé et le présent dans un contexte historique :  la guerre d’Espagne ou la guerre civile espagnole. Les scènes de danse de Flamenco sont super bien décrites "tout feu, tout flamenco". La fin est cependant un peu surréaliste. Un bon livre d’été.

Avis de la presse :

Un roman qui mêle avec sa maestria habituelle la petite histoire – un amour impossible – et la Grande Histoire, cruelle et impitoyable. Patrick Williams, Elle.

Un récit haletant, impossible à lâcher. Renaud Baronian, Aujourd’hui en France.

«Bouleversant et intelligent. Victoria Hislop mérite une médaille pour nous offrir un livre de l’été aussi excellent ! » The Independent

« Attention, best-seller en vue ! Retour de Victoria Hislop, nouvelle star des lettres. Récit de feu et de sang, "Une Dernière danse" nous entraîne à Grenade où résonnent les guitares et les talons des gitanes. Une plongée déchirante dans la guerre d'Espagne. »
Le Progrès 05/05/2014

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

Extraits

Préambule – Grenade 1937

Au creux de la nuit, dans l’obscurité d’un appartement aux volets clos, le clic discret d’une porte qu’on refermait perça le silence. Au crime de son retard, la jeune fille ajouta le péché de tenter de dissimuler son retour furtif à la maison.
-Mercedes ! Pour l’amour du ciel, où étais-tu ? murmura une voix sévère.
Un jeune homme sortit de l’ombre du couloir et la fille, qui n’avait guère plus de seize ans, se tint lui, tête baissée, mains croisées dans le dos.
- Pourquoi rentres-tu si tard ? Pourquoi nous infliges-tu cela ?
Il hésita, flottant dans l’espace flou entre le désespoir le plus total et son amour inconditionnel pour cette fille.
-Et que caches-tu là ? Je le devine très bien !
Elle tendit les mains. En équilibre sur ses paumes ouvertes reposait une paire de chaussures noires éraflées, leur cuir aussi souple que la peau humaine, leur semelle usée jusqu’à en devenir translucide.
Il lui saisit délicatement les poignets et les serra entre ses mains.
-Je t’en prie, je te le demande pour la toute dernière fois… l’implora-t-il.
-Je suis désolée, Antonio, répondit-elle à voix basse en plongeant son regard dans le sien. Je ne peux pas arrêter. C’est plus fort que moi.
-C’est dangeureux, querida mia. C’est trop dangeureux.

Tout en sirotant son café, Sonia réfléchit à l’enchaînement d’événements qui l’avait conduite ici. Tout avait commencé avec un film. Sans lui, la danse ne serait jamais entrée dans sa vie. Comme dans un jeu de société, à aucun moment elle n’avait su ce que lui réservait le prochain coup.

Au recto, la photo de l’enseigne lumineuse qui lui avait fait de l’œil plusieurs semaines auparavant avec ces mots « Salsa ! Rumba ! ». Au verso, les jours et les horaires des cours avec, au bas de la page, de façon assez touchante, les mots suivants : « Apprenez à danser. Dansez pour vivre. Vivez pour danser ».

La jeune femme prit rapidement le rythme. Avant la fin de la soirée, elle découvrit que la subtilité de certaines figures tenait à un simple petit coup de hanche plutôt qu’à une suite de pas méticuleusement comptés. Deux heures plus tard, elle sortait, les joues rouges, dans la fraîcheur de l’air nocturne. Pour une raison qu’elle aurait été bien en peine d’expliquer à qui que ce soit, Sonia se sentait transportée de bonheur.

Danser était devenu le moteur de son existence et la sensation libératrice que cela lui procurait lui était vitale.

La salsa était insouciante, c’était une échappatoire émotionnelle et, plus est, c’était la danse qu’elles étaient venues perfectionner.

 

les danseurs de salsa

danseurs salsa02

Les danseurs de Salsa de Françoise Mengelle

 

Le flamenco ne s’enseigne pas, dit-il d’une voix gutturale. C’est dans le sang, et dans le sang gitan seulement. Mais vous pouvez essayer si vous voulez. Je vous montrerai quelques pas à la fin du cours. C’était une proposition destinée à être relevée en défi. Au son de la guitare, Corazon leva un bras puis l’autre, ses doigts sinueux se déployant comme les pétales d’une fleur. Pendant plus de cinq minutes, elle tapa du pied, opérant un enchaînement complexe du talon et des orteils, puis accéléra dans une vibration tonitruante avant de s’arrêter net, avec un « bang » définitif de sa lourde chaussure sur le parquet massif. C’était une démonstration virtuose de force et une prouesse technique époustouflante tout autant qu’une danse, encore plus impressionnante du fait de son âge.

La salsa était facile pour l’esprit et le corps, rien à voir avec l’intensité du flamenco.

Voici les pas de base, commença Felipe. Une jambe en avant, le genou légèrement plié, il tapa du pied, d’abord de la pointe puis du talon. Il répéta ce mouvement plusieurs fois puis accéléra pour montrer comment ce simple mouvement formait la base de ce spectaculaire jeu de jambes que l’on associait au flamenco. Puis il compliqua les choses, passant du talon à la pointe en différents enchaînements.
-Vous devez écouter les rythmes que créent vos pieds, dit-il. Vous faites votre propre musique avec eux. Videz votre tête et remplissez vos oreilles.
- l’entrée est le moment le plus important de tous, leur expliqua Corazon. Vous ne pouvez pas entrer sur la pointe des pieds. Vous devez dire au public que vous êtes là –avec le langage du corps. Vous devez prévenir tout le monde, que, désormais, la personne la plus importante dans la pièce, c’est vous.

Dans les années cinquante, tout le monde dansait ! C’était comme si nous célébrions tous la fin de la guerre. Toutefois, le père de Sonia s’efforçait à chaque fois de ne pas trop s’attarder sur le passé. Ce devait être agaçant pour un enfant de devoir écouter ses parents ressasser des souvenirs.

En danse, la première règle était que la direction revenait à l’homme…

Lors d'un séjour avec son amie, Sonia découvre la ville de Grenade. Toutes deux anglaises, elles sont venues suivre des cours de danse et s'initier au Flamenco.
Sonia se promène seule dans les ruelles, elle cherche à connaître la vie du poète Garcia Lorca*. C'est dans le café El Barril qu'elle fait la connaissance de Miguel qui va la renseigner sur les lieux à visiter.
Attirée par les photographies accrochées aux murs du café dont une représentant une danseuse de Flamenco, Sonia souhaite en apprendre davantage. le propriétaire des lieux va alors lui conter le destin de la famille Ramirez, un couple leurs trois fils et leur fille Mercedes passionnée de danse, dans les années 30.

 

poète Garcia Lorca*: Federico García Lorca est un poète et dramaturge espagnol, également peintre, pianiste et compositeur, né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade et assassiné le 19 août 1936 à Viznar par les milices franquistes.

 

saras baras flamenco

Flamenco dancer~ Sara Baras

 

« Lo que mas me importa es vivir » Sonia n’avait pas besoin d’un dictionnaire pour les comprendre. « Ce qui compte le plus pour moi, c’est vivre ». (Lorca). L’ironie tragique de ces mots la frappa avec force… il était difficilement concevable qu’un poète ait été suffisamment important pour mériter l’exécution.

Sonia eut soudain une illumination au sujet de son amie : pour elle, danser concernait l’autre. Cela faisait partie de sa recherche de l’homme parfait insaisissable. C’était la quête de toute sa vie.

Les Ramirez habitaient au-dessus d’El Barril… El Barril se situait à l’intersection de différentes cultures de Grenade. Parce qu’ils vivaient en bordure de l’Albaicin, les enfants (Antonio, Ignacio, Emilio et Mercedes Ramirez) étaient tout aussi à l’aise dans l’ambiance du quartier mauresque, où l’air battait au rythme des forgerons frappant le métal, que dans le Sacromonte, où les gitans habitaient des maisons creusées à flanc de montagne. Et les plaintes gémissantes des chants gitans faisaient autant partie de leur vie quotidienne que les sons profonds des cloches de la cathédrale et que les cris des marchands du marché aux fleurs.

Les Ramirez se réjouirent à l’arrivée de la Seconde République. Elle était comme une douce brise printanière qui soufflait sur l’Espagne. Quelqu’un avait trouvé la clé, déverrouillé la porte et ouvert les fenêtres en grand. Un souffle frais s’infiltrait, soulevant la poussière et faisant s’envoler les toiles d’araignées. Concha se réjouissait de la nouvelle liberté que la Seconde République allait apporter, surtout concernant les femmes. L’abrogation du codigo civil, le code civil qui donnait aux hommes préséance sur leurs épouses, était d’une importance capitale.
- Voici ce qui était marqué avant : « le mari doit protéger sa femme et celle-ci doit obéir à son mari…Le mari est le représentant de son épouse. Celle-ci ne peut, sans son autorisation, comparaître en justice…
-Et voici ce qui se dit désormais, poursuivit Concha d’un ton animé : « La famille est sous la garde de l’Etat. Le mariage est fondé sur l’égalité des droits pour les deux sexes et peut être dissous par consentement mutuel ou sur demande de l’un ou l’autre des époux ».

C’était peut-être les courants d’air dans leur maison qui rendaient ces gens si froids à l’intérieur, songea Sonia en regardant le liquide ambré couler dans la tasse ébréchée.

Mercedes disait qu’elle pouvait faire disparaître la tristesse et les mauvais souvenirs en dansant, dit Jack Haynes d’un air pensif. Quand nous tournoyions sur la piste, elle devenait aussi légère qu’une plume. Elle n’aurait pas pu danser ainsi si elle avait porté le poids du monde sur ses épaules.

Sonia s’activa toute la journée, se plongeant volontairement dans les tâches futiles pour ne pas penser à l’énormité du pas qu’elle s’apprêtait à sauter… Une profonde tristesse s’abattit sur elle mais elle ne ressentit aucune culpabilité.

La danse, c’est ma façon d’exprimer que je suis vivante. Je ne peux pas arrêter de danser, pas plus que je ne peux cesser de respirer… ses pas étaient légers. Son cœur dansait.

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

GRENADE

 

Grenade (Granada en espagnol,غرناطة (ghar()nâta) en arabe) est une ville espagnole, capitale de la province de Grenade au sud-est de l'Andalousie. Elle est située au pied de la Sierra Nevada, au confluent de trois rivières, le Beiro, le Darro et le Genil et fut la capitale du dernier royaume musulman de la péninsule ibérique.

vue panoramique grenade

Haut lieu culturel et touristique, Grenade abrite notamment le célèbre palais de l’Alhambra (inscrite au patrimoine mondial)

grenade

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

Guerre d'Espagne

Carte tiré du livre "une dernière danse"

carte tiré du livre

La guerre d'Espagne (souvent également désignée sous le nom de guerre civile espagnole6) est un conflit qui, du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939, opposa, en Espagne, le camp des républicains, orienté à gauche et à l'extrême-gauche, composé de loyalistes à l'égard du gouvernement légalement établi de la IIe République, et les nationalistes, un groupe de rebelles putschistes orienté à droite et à l'extrême-droite mené par le général Francisco Franco. Cette guerre se termina par la victoire des nationalistes qui établirent une dictature qui dura 36 ans, jusqu'à la transition démocratique qui n'intervint qu'à la suite de la mort de Franco.

Elle fut la conséquence, sur le long terme, des malaises sociaux, économiques, culturels et politiques qui accablaient l'Espagne depuis plusieurs générations. Après la proclamation de la IIe République en 1931, l'exacerbation croissante des tensions entre Espagnols culmina avec l'insurrection durement réprimée des Asturies (1934) et la résurgence de troubles civils et de violences réciproques au printemps 1936, après la victoire électorale du Frente Popular. Préparé de longue date, le soulèvement militaire et civil du camp nationaliste éclata le 18 juillet 1936, mais sa mise en échec partielle déboucha sur une guerre civile imprévue, longue et meurtrière (Source Wikipédia)

carte guerre d espagne

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

Documentaire TV

Espagne 1936-1939

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

woman and child run after an alarm

Robert Capa, Woman and child run after an alarm has sounded, Bilbao, 1937.

Bilbao et Bilbo en basque, est une ville du nord de l'Espagne

ligne separatrice victoria hislop une derniere danse

Du même auteur :

l'île des oubliés - Victoria Hislop

Le fil des souvenirs - Victoria Hislop