les grands sapins verts

On pénètre ici comme dans un clair-obscur de cathédrale. Les sapins, debout contre le ciel, dressent d’innombrables nefs. Dans la futaie, la lumière vibre plus légère, plus mystérieuse, et l'âme se répand jusqu'à ces voûtes qu'un rayon de soleil déchire parfois au travers des rosaces ciselées par la cime des arbres. Par delà le murmure du ruisseau, le silence vit d'un faible et constant bourdonnement d'insectes.

foret dans la brume

Dans ce monde hors du monde, on s'installe dans l'immensité... et soudain l'on découvre, sous l'apparente immobilité des choses, la mouvante variété des couleurs et des formes.

Ô cathédrale à ciel ouvert ! Que l'invisible main qui, sous le vent, trace lentement les arabesques des cimes, donne à l'élan gothique de ton abside une place dans la lumière mobile, et force à travers le visible notre passage vers l'invisible.

Françoise

sapin