un ete à pont aven jean luc bannalec

Titre original : Bretonische Verhältnisse. Ein Fall fûr Kommissar Dupin

Jörg Bong (1966 à Bonn / Bad Godesberg ) est un éditeur allemand, traducteur, critique littéraire, et écrivain. En mars 2012, sous le pseudonyme de Jean-Luc Bannalec, il publie Bretonische Verhältnisse – Ein Fall für Kommissar Dupin (Microcosme breton - Un cas pour le commissaire Dupin).

Livre broché, Kindle : Amazon, Fnac

ligne un été à pont aven

Avis Véro :

Amusant de découvrir une bonne description de la Bretagne et des Bretons sous la plume d'un allemand Jörg Bong. L'intrigue est bien ficelée, l'affaire résolue en 4 jours seulement grâce au commissaire Dupin qui n'est pas sans rappeler un certain commissaire Maigret.

Mot de l’éditeur :

Pont-Aven. Entre fest-noz et ciel azur, trop azur, la saison estivale démarre en fanfare. Jusqu’à ce qu’on retrouve le propriétaire du mythique hôtel Central dans une mare de sang. Tous les témoignages –membres du personnel, héritiers, voisins et amis- convergent, lisses et sans faille. Il faudra une toile de Gauguin et une ravissante experte en art pour aiguiller le commissaire Dupin, un Parisien récemment muté dans ce « bout du monde » et en voie d’adoption.

Proverbe breton donnée par l'auteur :

« Une mer calme n’a jamais fait un bon marin »

Avis de Femme Actuelle

"Un pl'art en pays bigouden"

Avis de Ouest France

Roman policier, roman de voyage, voire guide touristique, les aventures du commissaire Dupin sentent le sel marin, la houle et le café.

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Extraits :

Nombreux étaient les attraits qui avaient motivé l’arrivée des artistes à Pont-Aven, dans le vieux pays celtique de la Bretagne –l’Armorique, « le pays du bord de mer », comme les Gaulois avaient coutume de le nommer. Il y avait les paysages magiques, témoins de l’époque mystérieuse des menhirs et des dolmens, des druides et des grandes légendes, mais aussi l’exemple de Monet, qui travaillait déjà depuis un moment sur Croix, une île visible à l’œil nu depuis l’estuaire de l’Aven. Peut-être, aussi, cherchaient-ils alors une authenticité, une simplicité, quelque chose de brut qu’ils trouvèrent dans la nature campagnarde des gens du coin, dans les vieilles coutumes et fêtes de la région. Sans oublier, bien entendu, le penchant ancestral des Bretons pour le merveilleux et le mystique.

Dupin se souvenait très bien de la première fois qu’il était venu ici, depuis Concarneau. Quand il s’était garé place Gauguin, tout lui avait semblé bien différent de ce qu’il connaissait. A commencer par l’air. Concarneau sentait le sel, l’iode, les algues et les coquillages, l’immensité infinie de l’océan dont la clarté et la lumière étaient comme distillées dans l’atmosphère. Pont-Aven en revanche sentait le fleuve, la terre lourde et humide, le foin, les arbres, les forêts, la vallée et les ombres, le brouillard mélancolique –la terre ferme. Pour reprendre les termes celtes d’origine, c’était l’Armor et l’Argoat : la Bretagne littorale et la Bretagne boisée. Dupin n’avait pas tardé à comprendre que le monde breton s’était essentiellement construit sur cette opposition, tout au long de son histoire et jusqu’à nos jours. Jamais il n’aurait cru que deux mondes aussi proches puissent être aussi éloignés l’un de l’autre, aussi étrangers l’on pour l’autre. Pont-Aven, c’était avant tout l’Argoat, la terre, les fermes, l’agriculture – mais c’était aussi l’Armor, tout particulièrement son atmosphère.

Concarneau, la somptueuse « Ville Bleue », ainsi nommée en raison des filets de pêche d’un bleu lumineux qui bordaient déjà les quais au siècle dernier, rayonnait. Le Commissaire Georges Dupin était installé au fond du café l’Amiral, son journal déplié devant lui… Protégée par une muraille massive ponctuée de tours, la ville close avait été construite sur une île de forme oblongue et étroite, de telle manière qu’elle semblait posée au beau milieu du bassin dans lequel débouche le nonchalant Moros. Un peintre n’aurait pu la rendre plus belle… Duplin se replongea dans son journal. Comme chaque jour, la page de titre de Ouest-France ou du Télégramme était consacrée à un récapitulatif sommaire des évènements marquants de l’actualité internationale et nationale, pour laisser aussitôt la place à trente pages d’informations régionales ou locales, voire plus que locales. Dupin adorait ses deux quotidiens.

On y était. Dupin connaissait ce point précis où tout basculait dans une enquête, peu importait laquelle. Ce fameux moment où la vraie version des faits apparaissait au grand jour. Jusque-là, tout le monde s'était efforcé de ne montrer de soi-même qu'une surface lisse et opaque, de ne surtout rien révéler des véritables dessous de l'histoire. Et chacun, pas seulement les coupables, avait toujours de bonnes raisons de le faire.