le gardien de phare camilla lackbergDate de parution :  01/06/2013

Livre broché, audio, kindle : Amazon - Fnac

le gardien de phare

Présentation du livre par Camilla LÄCKBERG

A l’occasion du festival Quais du Polar 2014, Camilla Läckberg vous présente son ouvrage "Le gardien de phare" et le futur tome des aventures de Patrik et Erica, "La faiseuse d'anges", à paraître le 4 juin aux éditions Actes Sud.


Camilla Läckberg - Le gardien de phare par Librairie_Mollat

le gardien de phare

Avis de Véro :
Avec Le Gardien de phare, Camilla Läckberg poursuit la série policière la plus attachante du moment.
Ravie de retrouver les personnages créés par Camilla Läckberg qui mêle très agréablement passé et présent…Erika a du pain sur la planche entre ses bébés nouveaux nés, le deuil de sa sœur, le retour d’une ancienne camarade d’école et une île hantée. L’intrigue policière est classique et même si on devine assez vite qui a tué et pourquoi, le roman se lit agréablement.

le gardien de phare

Extraits :

 

On jouait aux billes et au foot à la récré. On était des enfants. C’était tout simple. Aujourd’hui, tout le monde est tellement pressé d’être adulte. Il faut fumer, baiser, picoler et je ne sais pas quoi d’autre encore avant même d’entrer au collège…

Tout à coup, son ventre se noua au souvenir des dernières années de collège qui avaient été marquées par tant d’angoisses. Elle se rappela l’impression de ne pas avoir sa place, de n’appartenir à aucun groupe. La quête permanente de ce qui lui permettrait d’accéder au cercle des cools et des branchés. Elle avait essayé. Imité des coiffures et des styles vestimentaires, utilisé les mêmes mots et expressions que certaines filles de sa classe. Des filles comme Annie. Elle n’y était jamais parvenue. Elle n’avait pas fait partie des plus nulles non plus, c’est vrai, de celles qu’on prenait constamment pour cible et qui n’avaient aucune chance de s’en sortir. Non, elle avait surnagé dans la masse grise des invisibles.

Elle prit une profonde inspiration et leva les yeux. La première chose qui la frappa fut la beauté de l’île. Petite, certes, mais la maison semblait briller au soleil et les rochers gris lançaient des étincelles. Elle vit des roses trémières devant un des murs et s’étonna qu’elles puissent s’épanouir dans ce milieu aride. Côté ouest, des pics escarpés surplombaient la mer, comme si le roc avait été tranché net. Mais ailleurs, les dalles rocheuses descendaient en pente douce jusqu'à l’eau.

La plupart des hommes qui battent leur femme ou leurs enfants ne comprennent pas qu’ils agissent mal. A leurs yeux, c’est la femme qui est en tort. Il s’agit de pouvoir et de contrôle. Et, s’ils menacent quelqu’un, ce sont les femmes, pas les structures d’accueil.

Elle ne voulait pas qu'on la touche, mais seulement disparaître dans le pays d'ombres désertique et rassurant où elle s'était réfugiée depuis si longtemps. Ce qu'il y avait à l'extérieur était trop douloureux, et à force de prendre des coups, son enveloppe corporelle et son âme étaient désormais trop fragiles.

Ça va, répondit Gunnar.
C’était un mensonge, parce que ça n’allait pas du tout. Mais que dire d’autre ? Comment expliquer le vide qui s’abattait sur une famille après la mort d’un enfant ? Parfois, il s’étonnait de respirer encore. Comment pouvait-il continuer à vivre alors que Matte n’était plus ?

Elle était probablement de ces personnes insupportablement positives et joyeuses, se dit Gösta. Le genre qu'il ne voulait pas près de lui à sept heures du matin avant d'avoir bu sa première tasse de café. Sa défunte femme chérie avait heureusement partagé sa mauvaise humeur matinale tout au long de leur vie commune, si bien qu'à chaque petit-déjeuner, ils avaient pu ronchonner à loisir chacun dans son coin.

Combien d'épreuves un être humain peut-il endurer avant de se briser définitivement ?

Elle prit une profonde inspiration et leva les yeux. La première chose qui la frappa fut la beauté de l’île. Petite, certes, mais la maison semblait briller au soleil et les rochers gris lançaient des étincelles. Elle vit des roses trémières devant un des murs et s’étonna qu’elles puissent s’épanouir dans ce milieu aride. Côté ouest, des pics escarpés surplombaient la mer, comme si le roc avait été tranché net. Mais ailleurs, les dalles rocheuses descendaient en pente douce jusqu'à l’eau.

Subitement, Patrick sentit mal à l'aise. De quel droit posait-il toutes ces questions ? De quel droit venait-il fouiner dans des affaires privées, dans ce qui s'était passé entre deux personnes qui un jour s'étaient aimées ? Il s'obligea néanmoins à continuer. Il revit le corps à plat ventre dans le vestibule, le trou béant à la tête, la flaque de sang par terre, le sang qui avait éclaboussé les murs. Tant qu'il n'avait pas trouvé le coupable, c'était son boulot, de fouiner. Les meurtres et la vie privée s'accordaient mal, c'était ainsi.

On commet souvent l’erreur de ne pas vouloir déranger celui qui pleure. On pense qu’il lui faut du calme et de la tranquillité, qu’on doit le laisser en paix. C’est totalement faux. L’être humain est un animal de meute. Il a besoin d’être entouré, il a besoin de proximité, de chaleur et du contact d’autrui.

L’ancienne jalousie lui rongeait à nouveau le cœur. Ce douloureux désir d’appartenance et la certitude lancinante que jamais elle ne ferait l’affaire, quels que soient ses efforts.

Parfois, il suffit qu’elles restent quelques semaines, jusqu’à ce que les choses se tassent, et ensuite on peut résoudre les problèmes en suivant le protocole. Parfois, nous sommes obligés de les placer dans une autre structure d’accueil, si nous estimons qu’elles sont en danger en restant dans le secteur. Il peut aussi être question d’intervenir sur le plan juridique, de les aider dans leurs démarches afin de les rendre invisibles dans le monde social. On parle ici de femmes qui ont souvent vécu dans une terreur permanente pendant des années, qui présentent parfois des symptômes qu’on constate chez les prisonniers de guerre, comme le fait de devenir complètement apathiques et incapables d’agir.

Les heures s'égrenaient à la vitesse d'un escargot. A la maison, Signe et lui vivaient dans le silence. Il n’avaient rien à se dire, osaient à peine ouvrit la bouche de crainte de laisser échapper un cri qui se dissimulaient en eux.

Pour finir, la glace avait complètement recouvert la mer. Elle était arrivée tard cette année, il avait fallu attendre le mois de février. D’une certaine manière, la mer gelée donnait une sorte de liberté à Emelie.